Laisse pas traînée ta fille.
mercredi 26 mai 2010
mardi 25 mai 2010
You are a failure
En général, quand on se lance dans quelque chose de nouveau, on se demande comment ça pourrait marcher en se basant sur ce qu'on a déjà pu vivre.
Genre 'Tiens j'ai déjà fait du ski, ça m'a bien plu, je vais tenter le snowboard cette année'. Logique. Ou bien 'Ouais c'était vraiment cool de fumer une cigarette, voyons comment sera un gros joint de Jack Herrer'.
Logique implacable. Redoutable. Je fais quelque chose, je réussis, donc je recommence, voire même je me lance dans une activité similaire avec l'espoir non dissimulé de réussir; il faudrait en effet être le dernier des crétins pour se lancer à corps perdu dans une aventure vouée à l'échec (genre moi et le skateboard, une longue love and hate relationship de presque 2 décennies où le passage du quart de siècle a eu raison de ma motivation).
Mais voilà, une seule et unique chose déroge à cette implacable règle: les relations amoureuses. Je ne sais pas pour vous, mais bien que toutes mes précédentes histoires se soient terminées (et parfois en queue de poisson, voire en tête à queue), je persiste en me disant que la prochaine sera la bonne, et qu'enfin je vivrai une histoire qui ne se terminera pas.2010, l'année du love et pas du vice.
A en croire mon passé, je ne suis pas du tout fait pour la vie à 2 (peut-être pour la vie à 3?).
Des gentilles personnes me diraient que non ce n'est pas de ma faute et qu'il est important d'apprendre de ses expériences passées pour un jour 'être prêt pour la bonne fille / le bon mec / le bon je-ne-sais-quoi'. Permettez-moi d'être sceptique.
Face à la redondance des tribulations liées à la vie à 2 (qui souvent se transforme en ménage à 3: moi, la fille et son caractère de merde), je suis de moins en moins enclin à me jeter dans les eaux tumultueuses du couple en devenir, enfin c'est ce que je me dis à chaque fois, et bien sûr je retombe dans le panneau. Ma capacité à apprendre et à appliquer dans ce cas est proche du néant (au même titre que ma capacité à être bon en skateboard).
Tout ceci avait pourtant bien commencé. 1992. Fin de la journée. Je m'avance vers Cécile, le coeur vaillant et plein d'espoir prétextant 'une question' que je tiens à lui poser. "Cécile, tu veux sortir avec moi?" La réponse fût aussi brève que pleine de sens. "Non". En même temps elle aurait dit oui je n'aurai pas su quoi faire. Peut-être essayer de lui rouler une grosse pelle - un pote m'avait dit de m'entraîner sur mon oreiller, chose que je n'ai jamais faite (je trouvais ça un peu dégueulasse) - par contre je me suis entraîné à faire l'amour aux pages lingerie du catalogue de la Redoute - que celui qui ne l'a jamais fait me jette le premier mouchoir immaculé.
Bref.
Tout le monde n'est pas fait pour la vie à deux, c'est une certitude, mais personnellement je trouve que la vie tout seul est beaucoup moins marrante, je garde donc espoir qu'un jour je puisse filer le parfait bonheur avec une fille sympa et facile à vivre (la gente féminine est quand même bien fournie en tarées et psycho(f)rigides).
Le détail vraiment drôle dans tout ce texte sans grand intérêt si ce n'est celui de divertir le lecteur, c'est que c'est ma fiancée qui m'a donné l'idée du sujet. C'est ce qu'on appelle l'ironie du sort.
Comme quoi toute casserole a son couvercle comme dirait ma grand-mère.
dimanche 7 mars 2010
I will die in a plane crash
Je vais mourir dans un crash en avion.
Ca ne m'empêche pas de voyager, et je ne suis pas non plus un flippé de la haute voltige en 747, j'ai juste peur d'entendre pendant un vol un gros bruit qui signifierait: "Vous allez tous crever dans les 10 prochaines minutes, et vous ne pouvez rien faire pour vous en sortir." L'hôtesse de l'air a beau essayer de me rassurer par tous les moyens (par TOUS les moyens - Emma sur Iberia si tu m'entends...), mon voisin de chaise électrique dont on attends la décharge à tout instant a beau m'expliquer que, tu comprends, l'avion reste le moyen le plus sûr de se déplacer, tu as beaucoup plus de chances de te planter en faisant ton trajet maison-Carrefour-bar de striptease-maison à bord de ta Kangoo que d'avoir un soucis sur un vol Paris-Bangkok avec un arrêt technique à Dubaï.
Bien sûr, j'en suis convaincu, ma Kangoo m'a déjà lâché entre Köln et Maastricht, pas de soucis, je me suis garé sur le bord de la route, le dépanneur est arrivé, m'a changé la pièce défectueuse gratuitement, puis je suis reparti vers le Heaven 69 comme ne rien n'était. Je n'ai pas eu de dépressurisation de la cabine, aucun masque à oxygène ne m'est tombé sur le coin de la gueule, aucune valise n'est tombée des compartiments, il n'y a eu aucune panique - à part lorsque ma pédale d'accélérateur est tombé sur le sol - , bref tout s'est bien passé. Bon d'accord, heureusement j'étais en descente, par chance il y avait une sortie d'autoroute à proximité, et j'étais la seule voiture sur cette portion d'autoroute. J'aurais été sur le périph' à 18h32 un vendredi soir ça aurait été une autre paire de manche. Mais la chance fait partie de la vie et, à ce moment précis, je faisais parti de ma Kangoo.
Il y a bien des gens qui se plantent méchamment en caisse, ça peut même arriver au plus prudent des conducteurs, mais ce qui me fait peur dans le principe de me crasher en avion ce n'est pas le fait de mourir (enfin si, un peu quand même, comme tout le monde je pense; je n'ai même pas préparé de speech pour Saint-Pierre, ou Allah, ou bien la personne responsable des nouveaux arrivants au ciel qui m'accueillera une fois que mon enveloppe corporelle sera rendue obsolète, et je n'ai pas sous la main de cafetière Nespresso à échanger contre le salut de mon âme, Georges Clowney si tu m'entends; attention cette parenthèse est un peu longue, je ne saurais donc que trop conseiller au cher lecteur que tu es de reprendre la phrase avant la parenthèse avant de continuer, sans quoi mon discours a des chances de te paraître incohérent - j'ai mis l'endroit où tu dois reprendre ta lecture en gras, ainsi que l'endroit où tu dois retomber. Elle est pas belle la vie? Enfin quelqu'un qui pense à son (é)lectorat), ni la violence de l'impact (quand je vois que je vole à moitié quand on me bouscule dans le RER, je préfère ne pas imaginer à quel point le retour sur le plancher des vaches - ou du plancton d'ailleurs - doit être violent - attention même système de gras), mais plutôt les quelques minutes de panique totale qui me sépareraient du sol. A la question "que ferais-tu si il te restait 10 minutes à vivre à bord d'un gros tube de 150 tonnes en mode chute verticale à la vitesse du son plein de kérosène dont la plus grande envie est de te te faire exploser?" je n'ai encore trouvé aucune réponse.
L'angoisse.
Aucun moyen d'appeler tes potes ou tes parents pour leur faire un dernier coucou ("Je t'appelle en speed ça risque de couper"), impossible d'actualiser ton statut sur Facebook ("Fred va bientôt servir de barbecue aux gentils poissons de l'Atlantique Nord - si un seul mec aime ça je lui donne ma place"). Tu ne vas pas non plus sauter sur ta voisine pour 'profiter une dernière fois de tes sens' (merci Jean-Claude Duce), ça l'afficherait mal d'être en train de sodomiser sauvagement une portugaise mineure en cas de fausse alerte; tu ne vas pas non plus aller 'lire un magazine' (les fans de HIMYM comprendront), la seule chose que tu peux faire c'est attendre la fin, éventuellement crier, pourquoi pas vomir (au moins ça fait une occupation), mais dans ce cas prends soin de le faire dans le masque à oxygène, ce n'est pas parce que tu vas bientôt te désintégrer qu'il faut en plus te salir. Tu peux éventuellement t'évanouir, ce qui semble être l'alternative la plus probable et la plus raisonnée.
A ce sujet, je me suis toujours demandé ce que ça ferait de tomber, et j'ai eu la réponse il y a quelques semaines à bord d'un petit coucou: vol Washington-Montréal, trou d'air un peu violent, on tombe pendant quelques secondes, j'ai presque perdu connaissance, mon corps ferait donc le bon choix en cas de problème majeur de navigation. Je fais officiellement partie du cercle très fermé, mais prêt à s'ouvrir (blague va(L)seuse) des tapettes.
"Mesdames et Messieurs, nous allons traverser une zone de turbulences" ont dû être les derniers mots entendus par les passagers du vol AF447, après je préfère ne pas imaginer le chaos. Imagine une montagne russe dont la descente ne s'arrêterait jamais, avec des bruits de tôles qui casse, les réacteurs qui tournent dans le vide, genre en plein régime, perso je risquerais de très mal tourner, j'ai déjà peur dans un ascenseur, alors dans un avion qui se prendrait pour un fer à repasser à 10 bornes au-dessus du sol je pense que mon coeur dirait 'stop' et que la conversation entre mon corps et mon esprit serait la suivante:
'Moi je descends, toi tu fais quoi?'
'Je vais rester là'
'J'ai été très content de faire ta connaissance'
'Tout le plaisir a été pour moi'
Puis rien.
Comme l'a dit un jour le philosophe (que je dois très certainement mal citer): 'J'accepterai la présence de gilet de sauvetage dans les avions le jour où il y aura des parachutes dans les bateaux'; personnellement je crois que je n'aurai plus peur en avion le jour où un petit fil nous retiendra au ciel pour nous faire descendre tout doucement en cas de problème.
"Ce qui compte ce n'est pas la chute, c'est l'atterrissage", dans ce cas précis ce qui me fait flipper c'est exactement l'inverse de ce qui compte.
J'imagine bien la réunion des ingénieurs lors de la conception du premier avion:
"Bon écoutez les gars, on va faire un appareil en forme d'oiseau avec des moteurs énormes, on va le faire monter à 10000 mètres, et une fois là-haut on va aller à fonds les ballons, genre plus vite que le son, tout droit, pour après redescendre tranquillement et se poser à l'autre bout du monde. Des questions? Alors au boulot, il faut que ce soit prêt rapidement parce qu'après va pousser le concept plus loin et aller sur la Lune."
La prochaine fois que je devrai me rendre à l'autre bout du monde, je prendrai soin:
1. De ne pas regarder toutes les vidéos de crash d'avion sur Youtube pendant la semaine précédent mon départ,
2. De boire 3 ou 4 shots d'un quelconque alcool fort avant l'embarquement,
3. De continuer à picoler pendant tout le vol ,
4. De ne pas broyer le bras de mon voisin lors du décollage comme ce fût le cas la dernière fois,
5. De ne pas me mettre à côté d'une portugaise mineure
6. D'y aller en bateau,
7. D'éviter d'écrire un article complet sur le sujet.